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  Extrait SY n° 143 Octobre 2013 rubrique interview
Par Micheline FLAK



Le Yoga à l'école, c'est officiel

Par arrêté du ministre de l'éducation nationale, en date du 4 juillet 2013, l'association « Recherche sur le Yoga dans l'éducation » (RYE) qui apporte son concours à l'enseignement public, est agréée pour une durée de cinq ans. L'agrément est étendu à ses structures locales. Ce qui veut dire que le yoga fait officiellement son entrée à l’école.

Santé yoga : Voici donc la consécration : le yoga entre officiellement à l’école par le biais de l’association que vous avez créée en 1973, le R.Y.E. Comment cela est-il arrivé ?

Micheline Flak : La consécration est venue d’un article récent publié dans Le Monde. J’avais déposé un dossier au ministère de l’Education Nationale qui a été impressionné de l’impact du yoga dans la presse. Le 4 juillet le R.Y.E. a reçu l’agrément national. Une consécration qui arrive 40 ans plus tard. Lorsque j’enseignais l’anglais à Condorcet, j’étais à l’affût de nouvelles techniques pédagogiques. Je m’étais aperçue qu’en pratiquant le yoga, j’étais moins fatiguée et de plus en plus désireuse d’enseigner autrement. Un jour, j’ai fait aux élèves une séance de relaxation avant le cours. J’ai été frappée de leur meilleure écoute, meilleures relations entre eux et avec moi, de leur participation. L’apprentissage était favorisé. Les parents disaient : « Vous n’êtes pas payée pour faire de la gym ». Pour répondre à cette objection, j’ai fait le cours de yoga en anglais. Les élèves étaient enthousiastes et on se réunissait toutes les semaines entre profs pour faire le point des tests yoga en classe. On avait repéré les exercices à adapter pour eux.

S.Y. : En quoi le yoga avait-il, pour vous, à voir avec l’éducation ?

M.F. : Les pulsions et les instincts de l’être humain l’apparentent en grande partie à l’animal. L’éducation consiste à l’amener à la conscience témoin. Il ne s’agit pas de refouler l’animal en nous mais de le dépasser pour devenir pleinement humain. Un enthousiasme est vite né dans le monde du yoga associé à l’éducation. On me demandait à l’étranger pour présenter ce yoga et faire des formations. Formation que j’avais mis au point à partir du laboratoire qu’était la salle de classe. Peu à peu s’est révélé le rayonnement du R.Y.E. devenu association internationale. Depuis longtemps, j’attendais avec une patience qui s’appuyait sur la raison que la reconnaissance soit officielle.

S.Y. : Qu’est-ce qui freinait ?

M.F. : Dans le public, il y avait des soupçons de secte mais j’ai vite été disculpée. L’école était fondamentalement laïque, ce que j’ai toujours respecté. J’ai présenté le yoga comme conteneur de multiples techniques qui n’avaient qu’un but : amener le calme intérieur. Les progrès étaient évidents quant à mes trois exigences : créer une bonne ambiance dans la classe, calmer les enfants pour qu’ils soient plus attentifs, favoriser l’apprentissage. J’aime beaucoup l’état de la classe quand on dit aux élèves de fermer les yeux et d’écouter leur souffle. En Orient, l’on a cette notion de la possibilité de prendre en main son évolution sans violence.

S.Y. : Comment vivez-vous cette consécration?

M.F. : J’ai l’impression d’avoir accompli ma mission. Je passe la main à une équipe excellente qui perpétuera la qualité du R.Y.E. Je n’ai été que l’ouvrière d’un mouvement qui demandait à naître. Pour citer Victor Hugo, l’auteur favori de ma mère : « Rien ne peut arrêter une idée dont l’heure est venue ». Grâce à ses multiples formes qui sont venues se déclarer à la mairie de l’Humanité,  la popularité du yoga dans la société contemporaine y a beaucoup contribué.

 

 (inter) Il faut endosser un costume de polichinelle

 

S.Y. : En quoi consiste pour vous le travail du yoga ?

M.F. : A un don. Je fais du Karma Yoga. Il n’existe pas une seule forme de yoga, celle qu’ont repéré les Américains avec tenue sport adaptée. Le Hatha Yoga est certes bénéfique à la santé. Je le pratique un peu tous les jours. A la Bihar School*, j’ai découvert la réalisation d’un yoga qui épouse tous les secteurs de la vie et qui prend des costumes différents selon la vie que l’on mène.

Pour ma part, j’aimais enseigner. La notion de transmission était  fondamentale. Toutes les formes de yoga interviennent à un moment ou à un autre de la journée de la vie. Celle-ci demande de la variété. Il faut endosser un costume de polichinelle. Quand je n’ai pas le temps de pratiquer le Hatha, je me rabats sur une vision professionnelle. Une vie professionnelle bien vécue a aussi sa façon de stimuler le système endocrinien. La santé est une émanation de l’être tout entier. Donner du sens à toutes les parties de son être la favorise. Il s’agit de respecter la loi de l’alternance : travail, repos. Je sais, par exemple, m’abstraire de mon travail pour faire des mouvements d’yeux, boire un verre d’eau.  J’écoute mon corps : il y a des revendications physiques, spirituelles… Quand on les écoute, elles vous donnent leur énergie. Notre constitution exige le respect des différentes couches de notre population intérieure.

S.Y. : On dirait que vous êtes sans cesse en train de vous « éduquer ».

M.F. : Pour moi, l’éducation, c’est en effet toute la vie. En ce moment, je m’éduque intérieurement. Par exemple, je découvre tous les jours davantage la notion qui consiste à déléguer. Le détachement tel que le prône le yoga, n’est pas « ne pas aimer ». C’est le fait d’être capable d’obéir aux lois de la vie. On acceptera par exemple son propre départ sans en être submergé. Le yoga nous apprend que l’on doit vivre avec les deux pieds sur terre, réagir de façon correcte aux circonstances.

S.Y. : Appréhendez-vous la mort ?

M.F. : Non. La seule chose qui m’ennuierait c’est de ne pas avoir mis en ordre tout ce que je voudrais faire : compléter un ouvrage sur Thoreau, augmenter « Yoga Nidra ».

S.Y. : Lors d’une prochaine vie, peut-être. Croyez-vous à la réincarnation ?

M.F. : Je ne formule pas d’idées là-dessus, je ne veux pas faire intervenir de preuves que je n’ai pas. Cette notion répond à une intuition profonde qui n’entre pas dans mon enseignement officiel.

S.Y. : Parlez-nous de vos gurus.

M.F. : Thoreau* fut mon Upa guru*. Il a lancé un appel qui a résonné en moi. Grâce à lui, j’ai pratiqué et j’ai découvert un monde. Après qu’il m’ait confié le soin de découvrir l’Inde et sa philosophie et après avoir publié mon livre sur lui chez Seghers, il est passé au second plan.

En 1973, au 25 rue de Trévise, j’ai écouté la conférence d’un swami en geru (la robe orange), un homme extraordinaire, de petite taille, au visage avenant, des yeux à la Picasso (faits pour voir ce qui devait être vu), plein d’humour, éloquent, et capable d’adapter son discours à tous les publics : swami Satyananda avait 45 ans. Comme il connaissait Thoreau, l’intellectuelle que j’étais s’est sentie confortée. J’ai commencé à faire du Yoga Nidra. En 80, j’ai traduit et présenté le premier livre de Satyananda publié en France. Dans les années qui ont suivi, un grand changement s’est opéré en moi sur les plans psychologique et de la créativité. Je rêvais d’innover, de donner de la joie à mes élèves. J’attendais le moment mais le système était contraignant. Et puis, j’ai pu… Swami Satyananda est venu deux fois à Condorcet, invité par Andrée Buisine, le Principal. Il fut pour moi une rencontre décisive.

 

*Henry-David Thoreau (1817-1862), philosophe, essayiste, poète américain, auteur du célèbre « Walden ou la vie dans les bois » (1854)

* L’Upa guru peut être l’enseignant vu dans chacun d’entre nous à partir du moment où l’on a assez d’ouverture pour reconnaître le bien dans ce qui est enseigné.

*Jubilé d\'Or de la Bihar School of Yoga

A MUNGER en octobre sous la direction de

Paramahamsa Niranjanananda Saraswati.

[url=http://yogavision.net/world-yoga-convention/about-wyc/golden-jubilee-and-wyc-2013/]http://yogavision.net/world-yoga-convention/about-wyc/golden-jubilee-and-wyc-2013/[/url]

 

[url=http://www.rye-france.fr/]http://www.rye-france.fr/[/url]

http://www.satyanandashram.asso.fr/

 

A lire :

·        « Des enfants qui réussissent », Jacques de Coulon et Micheline Flak (Desclée de Bower) 

·        Thoreau (Seghers)