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  Extrait SY n° 112 Décembre 2010 rubrique en vue
Par Pierre Bonnasse



Swamini Umânanda, le yoga de la non dualité

Swamini Umânanda dirige et anime la Chinmaya Mission France, une organisation spirituelle fondée en 1992. Inspirée par son maître, Swami Chinmayananda, elle permet aux chercheurs de vérité français d'avoir accès à l’enseignement de la non dualité, dans une perspective universelle, en lien avec leur propre tradition et culture.




Santé Yoga
  Qu’est-ce que votre rencontre avec Swami Chinmayananda, en 1983, avait changé dans votre pratique du yoga, à l’époque ?

Swamini Umânanda   L’enseignement reçu de mon professeur de yoga depuis 1980, Monsieur Mahesh Ghatradyal, fondateur de la Fédération française de Hatha Yoga, avait réveillé une quête intérieure, avec la perception d’une dimension plus profonde de l’être. Il disait toujours : « Chaque posture est une prière ». Les années passées à pratiquer ainsi le Yoga avaient aiguisé en moi une aspiration spirituelle, encore confuse certes, mais réelle. La rencontre avec Swami Chinmayananda a rendu cette aspiration spirituelle intense, exigeante et l’a clarifiée de façon fulgurante. Cela s’est traduit dans ma pratique du yoga : la posture devînt un moment privilégié où toutes les dimensions de l’être étaient en harmonie, et le silence intérieur expérimenté. L’intérêt porté à des aspects tels que souplesse, besoin de varier les postures, a complètement disparu peu à peu. J’ai compris que la pratique des postures nous prépare à trouver la posture juste, mentale et physique, nécessaire pour la pratique de la méditation.
S.Y.  Et dans votre vision générale de la vie ?
S.U. La rencontre avec Swami Chinmayananda a totalement transformé ma vision de la vie. D’abord, cet être expérimentait visiblement une dimension de conscience inconnue, faite d’une joie et d’une paix incroyables. Et l’enseignement m’a d’emblée touchée profondément : j’ai senti que toute ma vie j’avais attendu un message si intelligent, si élevé, si libérateur. Les Ecritures ont la vision d’un Tout vivant et relié, caractérisé par une unité essentielle. Non seulement l’individu n’est pas séparé de cet univers interconnecté, non seulement il en fait partie, mais en essence il est un avec cette Totalité. Selon la non dualité, nous sommes tous les vagues de cet océan d’existence et de Conscience qu’est cet univers. Lorsque l’individu prend conscience de cette unité, toute peur le quitte, il découvre la joie d’exister et d’agir en harmonie avec cette Réalité et Ses lois. Sentir cette unité avec le monde conduit à l’amour. Les relations avec les autres, l’action, le but de la vie, tout change de sens peu à peu.
S.Y.  Dans votre parcours personnel, qu’est-ce que vous ont apporté, de plus précieux, vos voyages en Inde ?
S.U. Il y a deux choses précieuses (entre autres) : une culture de vie, et une vision du monde qui donne un sens à nos existences individuelles. La culture indienne est par essence spirituelle, fondée sur l’existence d’une Réalité transcendante. Et le fait même de croire à quelque chose de grand, d’infini, de plus grand que soi-même, garde « vivant ». Quand on ne croit plus à rien de grand, on est déjà à moitié mort ! Plus rien alors ne nous retient de détruire sans fin ce qui est grand en nous et autour de nous. C’est ce que l’on voit dans nos sociétés modernes, où le sacré a disparu, ou plutôt a pris des formes dégradées car les démocraties modernes ont leurs vaches sacrées. Deuxième chose : la vision d’un univers interconnecté, régi par une loi cosmique, donne sa place à l’homme. En faisant ce qu’il a à faire, le mieux possible, dans un esprit de coopération avec ce qui l’entoure, l’homme contribue à l’harmonie cosmique. L’Univers répond à cet effort par l’élan de vie et de joie ressenti intérieurement. Et cet élan en Inde se trouve partout. En Inde, même les humbles ont cette joie.
S.Y.  La Bhagavad Gîta, les Upanishads ou les ouvrages du grand philosophe Adi Shankara constituent l’essentiel de l\'enseignement du Vedanta, proclamant l’unité fondamentale et vérifiable entre l’âme individuelle et la Conscience universelle. Qu’est-ce qui singularise chacun de ces grands textes, les uns par rapport aux autres ?
S.U.  Les Upanishads sont la portion métaphysique des Vedas, textes de base de l’Hindouisme. Les Vedas sont du domaine de la « révélation » : ils expriment des vérités éternelles, « révélées », découvertes par des sages visionnaires dans leurs méditations. Les Upanishads s’adressent à des élèves contemplatifs, capables de comprendre et surtout, d’expérimenter la vérité ultime. L’esprit est si subtil que lorsque le maître dit «Tu es Cela, tu es cette essence divine présente en toi et dans cet univers !», l’élève réalise instantanément sa nature profonde. La Bhagavad Gîtâ appartient à une autre catégorie de textes, destinés à guider les hommes et les sociétés en ligne avec l’idéal des Upanishads. Ce texte s’adresse aux hommes engagés dans le monde, dans l’action. Il montre comment vivre dans ce monde tout en s’élevant : faire fidèlement les tâches qui nous incombent, dans un esprit de service, tout en prenant conscience du jeu divin en nous et autour de nous, et en se remémorant le Seigneur.
S.Y.  Un élève de Shrî Siddharameshwar Maharaj avait un jour demandé à son Maître s’il devait nécessairement renoncer au monde pour atteindre la Réalisation, lequel lui avait répondu de commencer par « renoncer au renoncement ». Partagez-vous cette vision ?
S.U.   Renoncer signifie « renoncer au motif étroitement personnel, aux goûts et aversions, et donc au sens de séparation, à l’ego ». C’est une attitude intérieure. Comme le dit maître Eckart  : « Cherche-toi, et chaque fois que tu te trouves, laisse-toi ». Renoncer ne veut pas dire simplement cesser de consommer tel ou tel objet ou plaisir. Si le désir pour les objets se transforme en haine, c’est encore un attachement ! Ou bien si un moine garde son identité individuelle en tant que moine, un ego demeure ! La réalisation spirituelle, c’est-à-dire l’atteinte d’un état de parfaite tranquillité et de joie intérieure, se révèle spontanément lorsque toute trace d’ego et donc d’attente personnelle, a disparu. La réalisation de l’unité, de l’amour, élargit les limites de l’ego à l’infini jusqu’à le faire disparaître, comme un ballon s’élève dans l’air jusqu’à ce que l’air qui le gonfle se fonde dans l’espace.
S.Y.  Selon vous, l’engagement spirituel est-il indissociable de l’engagement social et humanitaire au service de la société ? Que peut apporter cet enseignement dans le cadre de la vie quotidienne, pour ceux qui travaillent et partagent une vie de famille ?
S.U.    Il y a un lien certain, car l’amour se traduit par le service. Spontanément on sert ce que l’on aime. En Inde, la Chinmaya Mission a entrepris depuis plusieurs décennies une action sociale très importante : écoles, collèges, dispensaires, programmes de développement rural (CORD), actions pour les enfants des bidonvilles, orphelinats, maisons du 3è âge, secours en cas de catastrophes naturelles… L’action en faveur des plus démunis, qui corrige les conséquences des maux sociaux, jaillit naturellement d’une vision spirituelle. Mais le monde ne change vraiment que si les individus changent : si les individus deviennent moins égoïstes, moins tourmentés par la soif de pouvoir, de possession, s’ils suivent les valeurs nobles, s’ils agissent en prenant les besoins des autres en considération, s’ils trouvent l’harmonie. Alors, la société devient prospère et paisible. Bien sûr, cet effort ne peut se faire qu’ici, dans la vie quotidienne, dans la famille, au travail… Cette aspiration donne sens, élan, beauté à tout.

Plus d’informations :
http://www.chinmayafrance.fr
http://www.chinmayamission.com/