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  Extrait SY n° 107 Juin 2010 rubrique Tradition
Par Diane Louise Lassonde



L’obsession de la santé parfaite

Autrefois, l’être humain se sentait au service d’une vie supérieure à la sienne. Aujourd’hui, le corps est devenu une fin en soi qui relègue au second plan la question du but de l’expérience humaine et du sens de la vie. A tel point que la relation entretenue avec le corps fonctionne comme une véritable métaphore sociale. Ni vieillesse, ni douleur, ni mort, un nouvel imaginaire vient de naître dans l’histoire de l’humanité.

Dans le film La disparition de Giulia, Christoph Schaub met en scène des quinquagénaires qui ne parlent que régime, bio et exercice physique, confirmant la prémonition d’Ivan Illich : « l’art de célébrer le présent est paralysé par ce qui est devenu la recherche de la santé parfaite ». 
Un souci que renforce la croyance selon laquelle la santé serait la clé du bonheur : « La santé est, par définition, la condition sine qua non de tout le reste. Quand on est mort la sérénité est une question académique, lit-on dans Time Magazine (Mars 2009, The Biology of Belief). » Face à quoi des médecins tirent la sonnette d’alarme. Ils nous rappellent que la santé ne consiste pas à surveiller la moindre perturbation de son état mais qu’à l’inverse, être en santé, c’est s’oublier et mordre dans la vie sans égard pour l’effort et la fatigue. 

Manger sain est-ce 
vraiment bon pour vous ?
En 1997, le Dr Steve Bratman a mis en lumière un nouveau comportement alimentaire qu’il a appelé l’orthorexie. Ce trouble se caractérise par l’obsession d’ingérer des aliments sains exempts de graisses, de produits chimiques ou de toute autre substance potentiellement nuisible. La personne orthorexique passe des heures à réfléchir à son alimentation, à planifier ses menus et s’invente des règles de plus en plus contraignantes qui l’isolent des autres, lui interdisant par exemple le restaurant et les repas de fêtes. La pathologie ne réside pas dans le souci de manger sainement, mais dans sa dimension obsessionnelle, créant une spirale imaginaire du risque alimentaire. 
L’homme est musclé, 
la femme mince
Les magazines, le cinéma et la télé proposent tous le même modèle de corps idéal : l’homme est musclé, la femme mince. Il y a trente ans, le mannequin moyen pesait 8% de moins que le poids moyen d’une femme de sa taille ; aujourd’hui on est à - 23% ! La science et la technologie alimentent des espoirs démesurés qui, récupérés par le marché, font de la santé, du bien-être, de l’alimentation saine et de l’esthétique une nouvelle industrie. Celle-ci entretient et développe un imaginaire nouveau dans l’histoire de l’humanité. 
Dès le milieu du 19e siècle, Alexis Tocqueville avait émis l’hypothèse que la passion pour la santé n’était nullement universelle mais spécifique à l’ère démocratique. Le souci constant pour le corps refléterait l’insatisfaction ancrée au cœur de tout système démocratique et qui entraîne l’individu à poursuivre des buts toujours inaccessibles.
Entre 1997 et 2008, le nombre d’opérations en chirurgie esthétique a bondi de 304% . La Société Canadienne de Pédiatrie s’alarme du fait que le trouble alimentaire arrive au troisième rang des maladies chroniques chez les adolescentes, 60% se déclarant insatisfaites de leur corps. Près de 40% des fillettes de 10 ans veulent perdre du poids. Beaucoup croient, voire exigent, que le progrès mette fin aux souffrances du corps, maintienne la fraîcheur de la jeunesse, et prolonge la vie à l’infini. 
Ni vieillesse, ni douleur, ni mort. 
Une nouvelle pathologie sociale
De plus en plus nombreux sont ceux qui osent affirmer que, dans les pays développés, l’obsession de la santé parfaite est devenue un facteur pathogène. La critique radicale de la société capitaliste opérée dès les années 1960-70 avait mis le doigt sur ces phénomènes en affirmant que chercher la santé parfaite c’était tendre vers l’optimisation de soi. Dès lors, l’individu devient pour lui-même un objet économique et non plus un sujet.  Selon Guy Bourgeault, cette attitude cache un problème très profond, le refus de la condition humaine : « Autrefois, la santé et l’entretien de la vie étaient soumises à des valeurs telles la liberté, la justice, la solidarité. Aujourd’hui, le corps est devenu une fin en soi» (Revue RND, novembre 2004). Pour l’OMS la santé correspond au bien-être parfait de la personne sur les plans physique, psychologique et social. Pour le biologiste René Dubos, l’important est la « capacité autonome d’un être humain à maîtriser ses conditions de vie et à s’adapter aux modifications de son environnement, ou selon les cas, à refuser ce qu’il considère intolérable ». (L’homme et l’adaptation au milieu, Payot). Un réflexe d’inadaptation peut se révéler un excellent signe de santé lorsque l’on est devant une situation inacceptable. Les sagesses ont vu dans la vie un équilibre toujours instable et nous invitent à nous inscrire dans son mouvement avec confiance. Faire l’expérience de ce qu’est être vivant, cultiver un art de vivre qui prépare à affronter la souffrance et à accepter la mort avec équanimité rapproche du conseil de François Jullien dans  son livre Nourrir sa vie (Seuil, 2005) dont le yoga est partie prenante. ?

Alexis Tocqueville, (1805 -1859) penseur politique, historien et écrivain français célèbre pour ses analyses de la Révolution française, de la démocratie américaine et de l’évolution des démocraties occidentales. Voir la thèse de doctorat d’Olivier Michaud, Université de Laval, 2007
American Society for Aesthetic Plastic Surgery, 2009