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  Extrait SY n° 118 Juin 2011 rubrique Evenement
Par Isabelle Clerc



Romeo et Juliette au Bengale

Mimlu Sen, née dans le nord-est de l’Inde, qui fut tour à tour révolutionnaire maoïste et journaliste, vient de publier « Les vagabonds enchantés » (hoëbeke). C’est le récit de la découverte d’une femme par elle-même à travers un voyage physique et spirituel et celle d’une communauté de musiciens fascinants, les fameux Bauls. Santé Yoga l’a rencontrée.

                          

Rien apparemment ne prédestinait Mimlu Sen, née dans une famille baidyas, de caste supérieure, à rencontrer Paban, un vaishnava chantant de la musique baul, de caste inférieure. Et à partager depuis 30 ans sa vie de barde itinérant. Le mot « baul » vient de vatula, « possédé par le vent ». Vêtus de longues robes amples et multicolores, les Bauls chantent partout allant d’un village à l’autre. Leur philosophie est une synthèse du soufisme, de l’hindouisme et du bouddhisme tantrique. Lorsqu’ils représentent l’énergie cosmique sacrée, ils ne font plus qu’un avec elle et la transmettent par leurs chants, leur musique, leurs danses, et leurs contes. Leurs rythmes frénétiques retentissent sur d’étranges instruments de bois et d’argile, fabriqués à la main.
  Mimlu et Paban viennent bien de deux mondes séparés qui ne se rencontrent toujours pas : « Le fait que l’on ait un pied dans le monde occidental nous a aidé à maintenir l’équilibre de la relation, confie Mimlu. Si nous n’étions pas aussi posés en France, nous n’aurions pas fait le même effort pour maintenir la relation. »
  Septembre 1982. Mimlu annonce à Terai et Katun avec lesquels elle forme un « ménage à trois » très dans l’air du temps qu’un concert de musique indienne a lieu à l’Alliance française, boulevard Raspail. Cette semaine-là, elle a déjà fait sa part de baby-sitting. Katoun reste avec les enfants. Elle part au concert avec Terai : « Chacun des trois (chanteurs bauls) avait un visage remarquable, écrit-elle. Ils se sont assis sur la scène, en demi-cercle, pour invoquer leurs ancêtres. Leurs voix sonnaient à mes oreilles de façon si familière que j’ai eu l’impression de les connaître ». Ce soir-là, Mimlu avait rencontré Paban sans se douter encore qu’ils allaient nouer des rapports qui dureraient toute leur vie. Contre vents et marées.
La flèche au cœur du plexus solaire
Avec lui, elle passera en-dessous de la ligne de pauvreté, celle qui sépare le monde des nantis urbains, les babus, de celui des Bauls. C’est à partir du moment où elle joue de l’ektara, l’instrument de Paban, l’emblême des Bauls, qu’elle se sent libérée. Il lui donne un centre, lui permet de s’ancrer dans un champ magnétique, « une sphère de sons et de chansons, de musique et d’amour humain : la sphère baul ».
De nombreux festivals de musique ont lieu dans le paysage baul. Ce sont les grandes melas, Kenduli, Ghoshpara, Agrodwip... Lorsque Mimlu et Paban arrivent en Inde, ils essayent de stimuler les gens vers une ouverture en organisant des festivals : « Les gens sont affamés de cette liberté qu’ils n’arrivent pas à atteindre par eux-mêmes mais peuvent sentir quelques jours pendant quelques instants, ce qui modifie leurs stéréotypes, dit-elle. Le travail des Bauls consiste à changer les émotions par les sons. De plus en plus élevé, de plus en plus loin. Les chants sont très amoureux. Celui de Paban est unique, venu du monde de la forêt, rythmes naturels, voix incandescente, calme. »
  Lorsque je lui demande si elle regrette de s’être laissée prendre dans les « filets bauls », expression qui revient souvent dans « Les vagabonds enchantés », elle répond : « Avec eux, j’ai appris à éviter les filets ». Finalement, avec eux, elle a aussi retrouvé le monde de son enfance, un monde épris de philosophie et de culture spirituelle : « Petite, ma mère me montrait des images de sâdhus. Quand j’ai rencontré les Bauls, j’ai vu que ça existait et que le monde de l’imaginaire n’était pas si loin de la réalité. C’est un monde oral comme de grands espaces liquides ». Un monde où ce récit, par sa précision, sa vibration unique, sa connaissance et sa beauté, nous fait pénétrer. Nous voyageons avec eux dans une Inde qui se transforme très vite en souhaitant qu’elle n’oublie pas son cœur qui est sa force : « La flèche est une métaphore du noyau le plus profond de l’énergie humaine, enfouie au cœur du plexus solaire, que les Bauls personnifient à travers leur panthéon de saints et incarnent au cours de leurs
spectacles ».