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  Extrait SY n° 109 Septembre 2010 rubrique En vue
Par Marianne Kohler



Isabelle Clerc -entretien

Notre rédactrice en chef Isabelle Clerc vient de publier un livre, « Petit x, histoires provisoires ». Nous avons demandé à Marianne Kohler de l’interviewer.

La rédactrice en chef de Santé Yoga, Isabelle Clerc, vient de publier un livre, « Petit x, histoires provisoires ».  Nous avons demandé à Marianne Kohler de l’interviewer.

Marianne Kohler  Quel est le sujet de votre livre, « Petit x, histoires provisoires » ?

Isabelle Clerc   La disparition des mots. Ceci à travers les tribulations d’un personnage nommé Petit x qui a oublié une grande partie des mots et qui est en quête de lumière. Pour lui, pas de mots, pas de lumière. « Au commencement était le verbe » est-il dit dans le prologue de l’Evangile selon Jean. Sans doute au temps des descendants de Noé parlions tous la même langue. Et puis, les hommes voulurent construire une tour assez haute pour toucher le ciel. En punition de leur vanité, ils perdirent la possibilité de se comprendre et furent dispersés, dit la Genèse (XI,1-9). Là se trouverait l’origine de la diversité des langues.

Ce sont les mots qui ont fait l’Histoire, l’amour, les guerres etc…Il semble aujourd’hui que les mots disparaissent et que nous nous orientions vers une langue composée de peu de mots comme en témoignent les textos et autres Sms. Les échanges planétaires sont d’un autre ordre : vibratoires ? Energétiques ? Cellulaires ? Dans la cacophonie actuelle,  où les mots perdent leur sens vibratoire et vivant, apparaît une recherche de silence. Du silence pour mieux s’entendre justement à un autre niveau, sur un autre plan. Une humanité disparaît, une autre se crée.

Si les mots ne s’expriment pas dans toute leur puissance vibratoire, au sens de cette technique japonaise qui permet d’un seul mot de casser un mur ou encore du Mantram et de ses pouvoirs, ils n’ont plus grand sens. Sauf dans la poésie qui comme par hasard est aujourd’hui ridiculisée et mise de côté, sans doute parce qu’on lui a ôté son sens originel d’agir, de créer, du grec poiein. Comme le disait Krishnamurti : « Voir, c’est faire ».

M.K.  Voyez-vous un rapport entre poésie et yoga ?

I.C.  Une forte parenté. Une séance de yoga est composée de postures, héritées des premiers temps et transmises sans discontinuité depuis, de pauses, de silences, de techniques respiratoires, d’un art de la concentration et de la méditation.  Un texte véritable est tissé des mêmes accords. Il est musical. Un mot ne peut être mis à la place d’un autre sous peine de cacophonie. Ce sont l’équilibre, l’harmonie et la puissance retrouvée, chez le lecteur comme chez le pratiquant de yoga, qui signent la réussite aussi bien d’un texte que celle de la séance de yoga. Miguel Ruiz, l’auteur des Quatre accords toltèques, ne nous exhorte-t-il pas à ne proférer que des paroles impeccables ? Etymologie : peccare, pêcher.  Impeccable veut dire sans pêchés, sans mensonges.

De même, lors d’une posture de yoga, le corps sait lorsqu’elle n’est pas juste et, si nous laissons faire, la posture va s’ajuster d’elle-même. Et nous en tirerons tous les bénéfices. La poésie comme le yoga exigent à la fois la connaissance d’une technique, fruit d’un travail, et l’abandon à plus que soi-même. Ceci dit, aujourd’hui où tout est mis en petites cases, la poésie est la poésie et le yoga est le yoga. Mais la poésie fait partie des Vedas au même titre que les autres disciplines. Ainsi, le Sama Veda, sagesse des chants, concerne plus particulièrement la poésie et la science des Mantra.

M.K.  Pourquoi avoir choisi ce titre
Petit x ?

I.C.  Le x de l’algèbre représente l’inconnu. Le personnage de ce récit incarne à sa façon la part d’inconnu que nous portons en nous. Il est anonyme, impersonnel, mystérieux à lui-même et aux autres. Peu impliqué dans les affaires courantes du monde, il  est paradoxalement très présent à l’instant ou aux instants qui les tissent. Il résonne au monde à défaut de le raisonner. Petit x se vit comme un tube à essais, un instrument d’observation. Il semble mu par d’autres lois que les lois de la société. Peut-être obéit-il à des lois plus naturelles, plus immuables, plus intemporelles. C’est en soi que l’on comprend la vie qui nous donne la vie. Le corps est un bon indicateur parce qu’il sait. C’est notre corps qui est le laboratoire de nos expériences. Tant qu’elles ne sont pas vécues, elles restent lettres mortes. Petit x n’est pourtant pas dénué d’émotions : ce qu’il voit le fait rire, parfois pleurer, et il a envie de partager ce rire, et ces larmes, avec ses lecteurs.

M.K.  Bien qu’il prenne les choses avec humour, votre héros me semble plutôt rebelle. Je me trompe ?

I.C.  Comment ne pas l’être de nos jours ? Les forces d’oppression, symbolisées dans le livre par le personnage nommé Semonce glacée, n’ont, à mon avis, jamais été aussi puissantes. Elles sont mondiales et se traduisent par la langue (et les images) de bois distillées à longueur de temps par les médias, par les produits que la masse des gens absorbent, qu’il s’agisse de nourriture industrielle ou de médicaments, par les technologies, cette profusion des écrans dans tous les sens du mot, bref, par la pollution généralisée. On veut endormir et on y réussit. Je dis « on » car les maîtres du jeu ne sont pas clairement nommés. Comme vous le savez aussi bien que moi, il ne s’agit même plus des chefs d’Etat. On me rétorquera qu’au temps de la guerre de Cent ans ou de Gengis Khan, ce n’était pas mieux. Pas mieux mais peut-être plus clair. On mourait pour un idéal. Aujourd’hui on meurt dans l’indifférence d’obésité physique et psychique. Les mots sont galvaudés, le sens est perdu.

M.K.  Et qu’est-ce qui donne le sens ?

I.C.  Selon moi, c’est l’amour. L’amour tel que je l’entends se confond avec la connaissance, la vérité et la beauté. Il nous ouvre à la beauté et à la lumière du monde que nos yeux assoupis ne voient pas. Il y a comme un voile, ou peut-être sept cent mille voiles (selon les Soufis). En dépit des apparences, la lumière l’emporte sur les ténèbres. L’œil intérieur peut la percevoir, l’intention et la volonté peuvent l’augmenter.  Nous avons à disposition beaucoup d’outils pour nous y aider. Trop peut-être. Il s’agit de discerner afin de ne pas se laisser happer par d’autres langues de bois, aussi séduisantes que falsifiées. Dans un monde qui se robotise, soyons humbles et « cellulaires » comme Petit x qui, dépourvu de caractéristiques, passe partout. .

M.K.  Depuis dix ans, vous nous parlez dans Santé Yoga de techniques de bien-être. Vous-même avez-vous une pratique de cet ordre ?

I.C.  J’ai toujours été très libre, peut-être trop, depuis mon enfance. J’ai donc commencé à voyager très jeune. Et mon éducation s’est faite au cours de ces périples. Il y eût des rencontres clé. Celle de Krishnamurti qui enseignait à Saanen en Suisse, celle de Swami Satyananda dans son ashram de Rikkhya en Inde, celle de guérisseurs en Amazonie colombienne, et celle d’un être anonyme qui m’a accompagné de longues années et m’a beaucoup appris à propos de l’amour car il était l’amour même. Ces grâces bouleversent une vie et donnent un Orient. Ce qui n’empêche pas de retomber dans les contradictions ordinaires, dans l’obscurité. Mais le corps se souvient d’autres expériences. Il se souvient d’une légèreté, d’une joie et d’une gratitude d’être. Il tentera autant que possible d’en irriguer la matière obscure et pesante. Ce qui a causé ta chute sera ton tremplin, le poison est le remède, dit le Tantra. La lumière traverse tous nos états si nous le désirons. Nous avons des choix à faire. Si nous refusons, nous avons mal. Ce qui m’aide à ne pas perdre pied, c’est le yoga pratiqué avec les Gianfermi rencontrés chez Swami Satyananda dans les années 90, l’écriture aussi, et l’amour qui prend bien des formes. C’est comme si une part de nous mêmes était en train d’éclater pour laisser place à la beauté planétaire. C’est le « petit œuf d’or » qui ressurgit à la fin de Petit x.

M.K.  Quels sont vos projets ?

I.C.  Développer avec Renaud et Pauline Santé Yoga où j’ai la chance de ne pas être contrainte à la langue de bois pour servir les annonceurs comme c’était le cas lorsque je travaillais dans la presse grand public. Et puis, le futur livre.

 

 Marianne Kohler a notamment publié : « Enseignez lui les yogas du bonheur » (Médicis) et « La légèreté d’être » (Dervy).

 

Pour commander « Petit x, histoires provisoires », d\'Isabelle Clerc, éd. Eolienne juin 2010, 62 pages, 10€ par chèque à l\'ordre d\'I. Clerc + frais de port 1,5 .

À commander à Santé Yoga, 25, rue de la Grange Aux Belles 75010 Paris